
Les origines de l’akita
Vous vous interrogez sur les origines de l’akita. Pour y répondre, un peu d’histoire et de géographie seront nécessaires pour situer l’évolution de l’akita à travers les siècles.
De nos jours, l’akita est considéré comme une race de chien de compagnie et un peu de garde. Mais cela n’a pas toujours été le cas. En effet, il a connu de nombreux usages par l’humain. L’akita a été un chien de chasse, un chien de garde pour les souverains et les familles fortunées japonaises, ainsi qu’un chien de combat.
En réalité, l’akita inu et l’akita américain sont tous les deux originaires du Japon. Bien que l’on puisse penser que l’akita américain est apparu aux États-Unis, il n’en est rien. C’est une poignée d’humains américains qui ont découvert cette race japonaise. Ils ont emmené plusieurs akitas avec eux à leur retour aux États-Unis.
Actuellement, la FCI a classé l’akita dans le groupe 5, nommé “ Spitz et chiens de type primitif ”. Plus précisément, il se trouve dans la section 5 des “ Spitz asiatiques et races apparentées. ”
Quelles sont les origines de l’akita inu ?
Suivez l’évolution de l’akita à travers chaque époque de l’histoire du japon et sa migration vers d’autres coins du monde.
Que signifie akita inu ?
L’akita inu est le nom donné à une race japonaise. Le mot “ inu ” signifie chien en japonais. Le nom “ Akita ” a été donné à cette race, car elle est originaire de la ville d’Akita. Ainsi, “ akita inu” veut dire chien d’akita. (Kensha)
Où est né la race akita ?
La ville Akita est située sur une île japonaise appelée Honshu, plus précisément dans la région de Tohoku. Auparavant, la ville d’Odate était rattachée à la ville d’Akita.
L’akita présent depuis la préhistoire
La préhistoire japonaise a eu lieu entre – 8000 et 1185. Les chercheurs ont découvert et étudié des traces de pas de chien dans des huttes préhistoriques, ainsi que des ossements de chien. Ils ont constaté que l’akita était déjà présent auprès de l’humain dès la préhistoire. En outre, cela représentait déjà au moins 3 000 ans de relation humain-chien.
L’agriculture de l’époque ne permettait pas de faire vivre les villages japonais. Ainsi, la chasse et la pêche étaient les meilleurs moyens de se nourrir pour les habitants. Les akitas, nommés “matagi inu”, c‘est-à-dire, “chien japonais de chasse” étaient très utilisés pour la chasse et pour tenir compagnie aux villageois. Ces villages de chasseurs étaient situés à Akita, Iwate et Yamagata au 3ème siècle.
Ensuite, M Hirokichi Saito explique que des ossements de chiens ont été découverts à divers endroit du Japon. D’ailleurs, ces os pourraient dater aux alentours du 6ème – 7ème siècles. Grâce à ces découvertes, ils ont pu constater que ces chiens mesuraient entre 37 et 50 cm au garrot. Les chiens retrouvés à Tohoku étaient un peu plus grands, puisqu’ils mesuraient 57 cm. (L’Eden des Shokou)
L’akita et ses origines médiévales
Le moyen-âge au Japon s’est déroulé de 1185 à 1868. L’ère Edo, quant à elle, date de 1603 à 1867. Les premières illustrations représentant les akitas datent d’environ 1192. Ils ne sont représentés que de manière secondaire par rapport à la thématique illustrée. Généralement, ils sont peints avec un pelage pinto, c’est-à-dire de couleur marron ou chocolat.
De 1573 à 1602, lors de l’époque Azuchi Momoyama, des marins et des marchands d’origine espagnole et portugaise découvrirent le Japon. Lors de leur visite, ils emmenèrent sur leurs bateaux des canidés régionaux. Ainsi, la race akita commença déjà à cette époque sa migration vers l’Europe.
L’ère Edo
En 1630, les propriétaires d’akita matagi ou de matagi akita étaient des shoguns, c’est-à-dire des généraux impériaux de Tohoku. Ces chiens de chasse japonais traquaient le gros gibier : l’ours Yezo (350 kg), l’élan, le sanglier et l’antilope. Ils retenaient ces proies en formant un cercle autour d’elles, le temps que les chasseurs les rejoignent. Ainsi, ces chiens étaient perçus comme tenaces qui ne lâchent rien.
Tokugawa, un shogun (un général), avait instauré une loi demandant aux citoyens d’être compatissants envers les êtres vivants. Il avait interdit toute violence envers les chiens au risque d’être jeté en prison. En 1695, ce shogun fit construire deux grands chenils pour abriter les chiens régionaux (52 hectares en tout). Tous les habitants de l’Edo l’appelaient le “ Shogun inu. ” En définitive, il est possible que des mélanges de lignées d’akita se soient faits avec les chiens du nord de l’île.
Entre 1782 et 1788, les matagis inu deviennent des akita. Ainsi, ces chiens de chasse furent utilisés comme chiens de garde par les habitants pour se défendre aux moments des révoltes. Les riches et les souverains utilisaient l’akita, comme chien de garde. Tandis que les familles moins aisées ou les agriculteurs – chasseurs utilisaient l’akita, comme chien de chasse. Cette nouvelle utilisation contribua à modifier leur morphologie. En outre, ils devinrent plus grands et plus robustes pour mieux garder leur territoire. De plus, certaines familles anciennes élevaient des akitas de la même couleur sur plusieurs générations. La couleur de leur akita était perçue comme une armoirie familiale transmise de génération en génération.
L’akita des temps modernes
Les temps modernes au Japon se sont déroulés entre 1868 et 1945. Trois ères composent les temps modernes de cette île. La première est l’ère Meiji datant de 1868 à 1912. La seconde est l’ère Taisho se déroulant de 1913 à 1926. Enfin, la dernière est l’ère Showa qui a eu lieu de 1926 à 1983.
L’ère Meiji
Deux types de chiens japonais locaux ont ensuite été identifiés en fonction de leur utilité pour les humains. D’une part, le « Kuwae Inu » ou le « Kuriya Inu » pour les chiens de combat de ville. D’autre part, le “ Matagi Inu ” pour les chiens de chasse dans les montages et les campagnes japonaises.
Les chiens de combats au japon
En 1868, les combats de chien étaient un grand événement à Odate. Cette ville, au nord de la ville d’akita, était surnommée la ville des chiens. Les akitas étaient nommés Odate Inu, Kazuno Inu et Nambu Inu. Tous s’accordaient à dire qu’il s’agissait, dans tous les cas, de chiens régionaux. À chaque événement, une centaine de chiens participaient.
Les Tosa sont des chiens de combats originaires de la ville de Tosa, dans la préfecture d’Akita. En 1887, leurs combats étaient très populaires à l’époque dans cette ville. Les villes d’Odate et de Tosa étaient en rivalité pour leurs combats de chiens. Ainsi, les Tosa de combat sont devenus plus puissants que les Odate inu à cause de croisements avec des chiens européens. Les Tosa et Odate inu auraient été croisés avec des mastiffs. Ensuite, un second croisement a été effectué avec un chien de type Saint Bernard acheté en 1904. La morphologie de l’Odate inu fut totalement transformée.
Tous ces combats auront une influence négative sur le comportement des chiens. Ils deviendront plus agressifs, réactifs et stressés.
La fin des combats de chien
Le gouverneur d’Akita, Masataka Mori, décréta l’interdiction des combats de chiens en 1909, causé par le débordement de gros paris. Une taxation canine et une épidémie de rage faillirent faire disparaître l’Odate inu.
L’ère Taisho
Les premiers concours d’exposition canine d’Odate inu ont eu lieu en 1914 à Taisho. Deux Odate inu ont remporté une médaille de bronze et une médaille d’argent.
Malgré le décret interdisant les combats de chien, certains avaient repris leur match de manière illégale la nuit. Ces combats clandestins durèrent de 1915 à 1916. C’est à cette période que les croisements entre les Tosa de combat et les Odate inu eurent lieu. Le fruit de ces croisements donna naissance à d’autres appellations, comme “ Kairyō Ken ” qui signifie chien amélioré en japonais. Ils avaient la particularité d’avoir leur queue enroulée sur leur dos. Ainsi que l’appellation “ Shin Akita ” traduite par nouvel akita, qui n’avait pas forcément leur queue enroulée.
Le Dr. Shozaburo Watase, professeur et chercheur, a étudié, entre 1912 et 1928 au Japon, les origines de l’akita. (Museum Hokudai) En 1919, il déclara que l’akita, une des races de chiens japonaises, pourrait être considérée comme un monument naturel du Japon. Plusieurs critères furent publiés dans l’article 8 intitulé “ animaux uniques du japon ” de cette loi.
De plus, en 1922, d’après lui, la souche la plus représentative de l’akita actuel serait celle originaire de l’extrême nord de l’île. D’ailleurs, ces chiens sont arrivés avec leurs humains. Cette souche est caractérisée par un pelage épais, une queue retroussée sur le dos et une force de caractère. Lors de cette conférence, il précisa que l’akita était une race en voie d’extinction. Il était nécessaire de la préserver et de la protéger pour qu’elle perdure.
Enfin, le Dr Watase collabora avec plusieurs éleveurs pour restaurer les traits purs de l’akita. Pour cela, les éleveurs allèrent sélectionner des géniteurs isolés dans les montagnes qui n’avaient pas été croisés, c’est-à-dire les matagi akita ou matagi inu.

L’ère Showa
Une enquête eut lieu à Odate pendant 10 ans par le Dr Watase pour déterminer si l’akita serait un monument naturel. Il échangea avec les habitants et souverains d’Odate pour ouvrir la réflexion sur la place de l’Odate inu. Certains propriétaires et maîtres d’odate inu commencèrent à percevoir leur animal autrement et avaient le souhait de préserver la race.
Par ailleurs, la situation des Odate inu était devenue préoccupante à Odate. Ainsi, le maire Izumi décida de fonder une société de préservation des races japonaises nommée l’Akita Inu Hozonkai en 1927. Ensuite, une seconde société, appelée NIPPO, vit le jour, dirigée par Hirokichi Saito en 1928, avec l’accord du Dr Watase.
Monsieur Izumi, membre du conseil au sein du NIPPO, envoya la demande de candidature pour que l’akita soit proclamé monument naturel. Cette nomination avait pour but de décourager les croissements excessifs et de préserver la race. Le Dr Watase était déjà décédé (1929) lors de l’envoi de cette demande. En 1931, ce fut le Dr Tokio Kaburagi qui officialisa l’akita comme monument naturel. Depuis ce jour, la race fut également nommée officiellement l’akita inu.
Par la suite, le mâle et la femelle akita inu de M Izumi furent choisis pour la reproduction pure de l’akita. Les trois membres du Aiken Kyokai d’Odate, M Izumi, Ono et Tayama veillaient le plus possible à protéger ces animaux. D’ailleurs, ils décidèrent d’élire des représentants dans chaque campagne et village des matagis. Ces représentants sélectionnaient des canidés épargnés par tous ces croisements.
Ainsi, le NIPPO permit à l’akita de participer à plusieurs expositions canines, de novembre 1932 à 1942, parmi les grandes races. Les canidés choisis appartenaient aux ancêtres des lignées d’Hokkaido et de Kishu.
L’histoire d’Hachiko
Un article fut publié en octobre 1932 sur l’histoire d’Hachiko. Son histoire a ému tout le japon. Hachiko était un akita inu. Il avait pris l’habitude d’accompagné son maître le matin de leur maison à la gare de Shibuya. (Arrondissement de Tokyo) Il repartait le soir pour aller chercher son maître à la gare et faire le chemin du retour ensemble. Malheureusement, en 1925, Hachiko perdit son maître d’une crise cardiaque à son travail. Il continua de faire les mêmes trajets tous les jours et l’attendait à la gare à chaque fois. Il espéra le retour de son maître jusqu’à sa mort en 1935. De surcroît, il est encore aujourd’hui un symbole de loyauté et d’amour inconditionnel, pur et sincère.
L’influence de la guerre mondiale sur les origines de l’akita
Pendant la seconde guerre mondiale en Europe et au Japon, la fourrure de chien était utilisée pour confectionner des vêtements militaires. La guerre dura de 1939 à 1945. Tous les chiens étaient capturés, seuls les bergers allemands étaient épargnés et utilisés pour des missions militaires. Ainsi pour sauver la race, des croisements furent réalisés entre l’akita et le berger allemand pour contourner cette loi. Certains maîtres eurent l’idée de confier leur animal aux villages matagis, aux fermiers de pommeraies d’Aomori et aux montagnards. D’autres encore donnaient des noms de bergers allemands pour éviter qu’on les réquisitionne pour leur fourrure.
Une autre société canine se créa, l’AKIHO, à Odate pendant la guerre mondiale. Le peu d’écrits retrouvés indique qu’elle pourrait avoir existé de 1937 à 1947.
À la fin de la guerre en 1945, l’akita risque l’extinction. À ce moment-là, il existe 3 types d’akita :
Quelles sont les origines de l’akita américain ?
Deux éleveurs d’Odate ont travaillé sur deux lignées de l’akita : Ichinoseki-goma et Dewa. Ces deux lignées ont contribué aux origines de l’akita actuel. Leurs couleurs sont le marron, le sésame, le bringé ou le noir avec des marques blanches. Les canidés sont grands, allongés et ont une ossature moyenne. Parallèlement, la lignée Ichinoseki-goma était plus courte et compacte avec une ossature plus lourde. Ils ont des couleurs marrons, sésames blanches ou rouges.
Ils ont donc croisé ces deux lignées sur plusieurs générations. D’ailleurs, un des chiens assez connus, nommé Kongo-go, provenait de la lignée des akita Dewa. Il avait des traits de mastiff et de berger allemand. La lignée Dewa a disparu après la génération de Kongo-go. Les Ichinoseki-goma sont bien présents dans le physique des akitas actuels. Ces akitas étaient très populaires à cette époque. Par ailleurs, des militaires ont emmené plusieurs akitas aux États-Unis.
Distinction de l’akita inu et américain
Les origines de l’akita américain sont les mêmes que celles de l’akita inu. Cependant, sa distinction avec la version japonaise s’est produite bien plus tard.
À partir de 1956, deux clubs furent créés : le club américain de l’akita et le Kennel club américain. Ces 2 clubs n’étaient pas d’accord sur les caractéristiques de la race. Ainsi, de nouvelles lignées japonaises de la race ne purent voir le jour aux États-Unis. Les élevages d’akita aux USA furent inchangés depuis et ne ressemblent en rien à ceux du Japon. (Club aacf) Ces discordances amenèrent à distingués la version japonaise de l’akita de celle américaine. Depuis cette époque, l’akita fut divisé en deux races canines distinctes : l’akita inu et l’akita américain.
Des éleveurs éclairés japonais n’étaient pas en accord avec ces croisements. Selon eux, l’akita se développe mieux avec un gabarit plus fin. En 1965, ils décidèrent de restaurer au maximum les traits originels de la race en croisant ces chiens avec des akitas matagis. En effet, les akitas matagis sont les akitas qui ont été le moins modifiés par l’humain. Ainsi, grâce à ces éleveurs, la race a pu retrouver une “ souche pure de l’akita de grande taille. ” (FCI BE)
Ensuite, le premier akita est arrivé en France dans les années 70 de manière clandestine. Par la suite, un élevage français d’akita vit le jour en 1980. La race connut un fort engouement lorsque l’adaptation américain de l’histoire d’Hachiko fut diffusée. Le film “ Hatchi ”, sorti en 2009, fit découvrir les akitas au grand public, y compris en France.